Pourquoi manger bio ?

 

Lorsqu’on demande, par sondage, aux Français leurs motivations d’achat pour les produits issus de l’agriculture biologique, les premiers éléments cités sont « un moyen de préserver sa santé » et « la recherche d’une valeur gustative supérieure ». Les arguments liés à la préservation de l’environnement viennent souvent en dernier lieu avec parfois moins de 10 % de réponses pour cette motivation. Lorsque nous comparons ces réponses à des sondages équivalents faits dans d’autres pays, tels que le Danemark ou encore le Royaume-Uni, l’argument qui vient en premier est aussi la recherche de produits sains ne contenant pas de résidus chimiques. En second et avec des taux de réponses importants viennent les raisons relatives à la protection de l’environnement et au bien-être des animaux. 

 

Or l’agriculture biologique nous propose bien plus que des aliments exempts de résidus et à la saveur un peu meilleure. L’agriculture biologique est née historiquement d’un contrat d’un type nouveau, entre des groupes qui jusque-là s’ignoraient : des agriculteurs, des consommateurs, des protecteurs de l’environnement et des médecins. Ces pionniers, citoyens responsables, voulaient influer au niveau politique, social et écologique par leur propre choix de consommation. 

 

Les crises sanitaires à répétition que nous avons traversées ces dernières années sont en grande partie imputables à l’immense dérive des systèmes de production, progressivement déconnectés des rythmes et des équilibres biologiques qui fondaient, fondent encore dans notre pratique, le métier d’agriculteur. Or, les principes mêmes de l’agriculture biologique excluent la plupart des causes des dernières crises : farines animales, plantes génétiquement modifiées, épizooties dues à la concentration excessive d’animaux en élevage, etc… Concomitamment à ces crises sanitaires, la crise de confiance des consommateurs, passés en quarante ans de la peur de manquer d’aliments à celle de manger, est en partie due à la déconnection entre alimentation et territoire. Or l’agriculture biologique est une agriculture liée au territoire et à son environnement qui donne du sens à la consommation de ses productions. 

 

Maurice Meyer, Agriculteur en biodynamie, Alsace

 

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

Posts récents
Please reload

Archives
Please reload

Recherche par tags
Please reload

Suivez-nous
  • Facebook Social Icon
  • Twitter Social Icon
  • Google+ Social Icon